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Livestream : quels sont les conseils du Fil, Smac de Saint-Étienne ?

Par Thomas Corlin | le |  Diffusion, booking

Équipée d’un dispositif audiovisuel depuis 2018, la SMAC le Fil à Saint-Étienne (Loire, Auvergne-Rhône-Alpes) a pu rapidement élaborer son offre numérique pour compenser la fermeture de la salle au public. Sa responsable en communication et relations publiques Marilou Andrieu, et son directeur Nicolas Hoste font le point sur un an de livestream.

Un concert de Logar en cours de captation au Fil. - © Le Fil
Un concert de Logar en cours de captation au Fil. - © Le Fil

Une labellisation « French tech » pour plus de moyens

  • « En 2017, nous avons eu l’opportunité de travailler avec Saint-Étienne Métropole et d'être labellisé French Tech. Il s’agissait de développer une offre numérique autour du lieu, et parmi les pistes que nous avons suivies, celle du livestream et de la captation est celle que nous avons menée le plus loin.
  • C’est dans ce cadre que nous touchons 40 000 € par an, ce qui nous a permis de nous autonomiser en acquérant du matériel et du personnel. Nous pouvons désormais assurer des captations multicam, et nous travaillons avec 4 cadreurs, 1 ingénieur son, 1 réalisateur, etc. Un membre de notre équipe travaille à temps plein sur l’audiovisuel. 
  • Nous préparons aussi une demande d’aide auprès du Centre National de la Musique, qui soutient la diffusion alternative dans le contexte actuel. »

Vers une monétisation ? 

  • « Depuis la crise et la banalisation du support, une tendance à la négociation est apparue chez les producteurs. Faut-il établir des doubles cachets pour les dates livestreamées ? Comment être en règle avec les organismes de gestion collective au niveau des droits d’auteur ?
  • La question de la rémunération se pose aussi pour nous : nous offrons le service sans recette en retour, ni la possibilité de revenus sur une exploitation ultérieure, contrairement à des structures de production audiovisuelle. 
  • Nous travaillons sur une date payante à l’horizon de mars. Nous sommes en discussion avec une structure spécialisée dans la vidéo à la demande pour nous accompagner. C’est aussi une façon de trouver une alternative économique aux GAFA et consorts. 
  • Les groupes locaux, émergents, mais aussi d’autres plus confirmés, donnent vite leur accord pour les captations. Dans d’autres cas, l’accord peut mettre du temps à venir, parfois jusqu'à la veille du concert, ce qui peut compliquer la mobilisation des effectifs nécessaires. »

Éditorialiser et événementialiser le live en ligne

  • « Le Fil propose plusieurs formes d'événements en ligne : du livestream pur et dur, ce que nous faisons depuis 2018 (notamment, avant la crise, avec des concerts en public d’Izia ou Ultra Vomit), des vidéos d’artistes en résidence, mais aussi des formats  »émissions«  avec interview de l’artiste, etc.
  • Ces livestreams ont accompagné des événements spécifiques, comme la  »Tournée des Toits« , des concerts en extérieur (sur le toit d’un bâtiment du Corbusier, ou sur celui du Fil), ou encore  »l'éPopée Verte« , une série de concerts d’artistes en programme d’accompagnement. »

    An’Om en captation au Fil.
    An’Om en captation au Fil. - © Le Fil

Quelle plateforme pour quelle qualité ?

  • « La diffusion en Facebook Live a ses avantages en terme d’audience, mais elle engrange une perte en qualité, et ne rend donc qu’une partie de notre travail sur l’image et le son.
  • Les artistes ne savent généralement pas à quoi s’attendre en termes de rendu visuel lorsqu’ils font l’expérience de notre captation. Les retours que nous avons sont très enthousiastes, et prennent pour référence l'émission Taratata ou les captations du festival Pitchfork. »

Le crosspostage pour élargir son audience

  • « Tous nos événements sont relayés par des partenaires médias, web ou radio, afin d’optimiser notre public en ligne. Ce  »crosspostage« , à savoir la diffusion simultanée de l'événement sur les différents réseaux de plusieurs entités, a par exemple permis de réunir 50 000 e-spectateurs lors d’un des événements d'éPopée Verte, le 3 octobre dernier. »

Basculer sa programmation en livestream au cas par cas

  • « Dans l’attente d’une réouverture au public (que nous osons espérer d’ici septembre), nous transposons autant que possible la programmation prévue en salle sur du livestream, si l’artiste et ses producteurs le souhaitent. 
  • Le livestream pose tout de même certaines questions : l’artiste doit se déplacer pour faire la date sur place, avec notre dispositif technique, ce qui engage des frais. Le calendrier des sorties a été bousculé, et avec lui celui des apparitions live des artistes, ainsi certains préfèrent attendre avant d’accepter une date, même en ligne. » 

Le Fil en chiffres

- En 2019 : 26 événements captés, soit 32 artistes.

- En 2020 : 10 événements captés, soit 20 artistes (dont Terrenoire, Fils Cara, Claustinto, Bror Gunnar Jansson, etc.)

- Une petite salle de 400 places, une grande de 1 200 places (réduite à 200 lors des quelques concerts en jauge réduite depuis la crise)

- Prochaine diffusion live en ligne : 26 février, « Est-ce que vous êtes là ? », une carte-blanche à 4 artistes locaux. 

- 17 salariés et 3 équivalents temps plein en intermittence.

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