Production

Restrictions : la Carène déprogramme janvier et tâtonne pour février

Par Thomas Corlin | Le | Diffusion, booking

Les dernières restrictions sanitaires en vigueur ont bousculé un mois de janvier d’habitude plutôt calme à la SMAC La Carène (Finistère) et remis en cause la programmation à venir. Gwen Potard, directeur du lieu, adapte ses méthodes de travail au fil de l’eau.

Tous les concerts du mois de janvier ont été annulés à la Carène. - ©  Ray Flex
Tous les concerts du mois de janvier ont été annulés à la Carène. - ©  Ray Flex

Comment avez-vous adapté votre programmation du mois de janvier ? 

C’est d’habitude une période de reprise après les fêtes de fin d’année. Ce n’est donc, par chance, pas le mois le plus chargé en concerts. Malgré cela, trois concerts sur une jauge de 1 300 places et une soirée club étaient prévus. Toutes ces dates sont annulées. Dans deux cas, l’esthétique du concert (rap, rock) ne se prêtait pas à une configuration assise. Dans un autre, un concert chanson, trop de places avaient déjà été vendues pour déployer nos gradins. Dans le cas de la soirée club, qui a lieu début février et devrait réunir jusqu'à 1 500 personnes jusqu'à 4 heures du matin, il est évident que dans un tel contexte, elle ne pourrait pas se tenir.

Nous croyons que certains concerts auraient pu se maintenir sans bar, avec un port du masque rigoureux.

Nous reportons sur l’hiver et le printemps, mais nous allons bientôt toucher la limite de notre capacité de report sur les mois à venir. Normalement, nous travaillons sur le semestre en cours. Actuellement, nous programmons déjà 2023.

Nous regrettons qu’aucune solution alternative n’ait pu être envisagée. Nous aurions pu par exemple fermer le bar, fermement appliquer le port du masque, et ainsi maintenir ces dates. 

Comment envisagez-vous le mois de février ? 

Nous sommes évidemment très prudents et anticipons déjà de décaler certains événements ou abandonnons l’idée d’en programmer certains. Pour l’instant, rien n’est annulé sur février mais les événements dansants, les soirées, les groupes plus festifs sont remis en cause. Il y a aussi des événements à l'économie fragile que nous préférons programmer plus tard. Par exemple, une association locale voulait programmer sa foire aux disques chez nous ; c’est un événement important pour eux, qui engage des frais, de la promotion. Nous préférons donc attendre un moment plus propice. 

Comme beaucoup, nous sommes dans l’attente de signes, de nouvelles annonces, et restons réalistes : pour le moment, nous ne pouvons pas travailler comme avant. 

Quel est l’impact sur les ventes et le réseau professionnel ? 

La fréquentation avait très bien repris, de nombreux concerts étaient pleins, l’activité redevenait normale. L’effet de telles annonces sur notre billetterie est instantané : c’est l’arrêt presque net et nous savons que cela mettra du temps à reprendre. 

Du côté des tournées, c’est encore le déséquilibre, et cela empêche de nombreuses opportunités. Le secteur est aussi dans l’attente de nouvelles compensations, et à ce titre, le SMA et la Fédélima restent alertes. Seulement, comment réclamer une compensation sur la billetterie si les dates ont été tout bonnement annulées car impossibles à maintenir dans les conditions imposées ? 

Ces mesures sont aussi difficiles à comprendre. Elles ont été décrétées sur une période, la fin d’année, où les lieux de musiques actuelles programment le moins - n’est-ce pas en soi la preuve que nos salles ne sont pas la cause du pic de contamination ? Malgré cela, nous sommes les premiers à fermer.

Localement, certains lieux tentent de maintenir quelques dates, comme le Vauban, qui s’essaye à des jauges d’une centaine de personnes, ou l’Arena de Brest, qui réfléchit à maintenir quelques événements à 2 000 personnes. 

La Carène, en bref

• Salle des musiques actuelles de Brest

• Régie personnalisée avec autonomie financière

• Bâtiment conçu par l’architecte Jacques Ripault

• La Carène est un Service public à caractère industriel et commercial (SPIC). Elle est soumise au code des marchés publics. Ses salariés sont de droit privé hormis le directeur, dont le statut est assimilé à celui d’un agent de droit public non titulaire

• Missions :

- La diffusion, avec la programmation de 70 à 90 concerts d’octobre à mai/juin.

- L’accueil des artistes, lors des phases créatives de production des musiques actuelles (résidences, répétitions en studios, enregistrement de maquettes, préparation de tournées).

- L’accompagnement des pratiques amateurs, par l’information, l’aide à la structuration, et différentes actions de soutien et de formation.

- L’action culturelle, par des actions de sensibilisation et d’accompagnement en partenariat avec les structures locales,

- Le développement des publics

• Présidente du conseil d’administration : Gaëlle Abily

• Directeur : Gwenn Potard (prise de fonction le 22/04/2016)

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