Juridique, rh

SNU : comment faire appel à des volontaires dans une structure culturelle ?

Par Thomas Corlin | le | Rh, formation, intermittence

Nouveau dispositif encore en rodage, le Service National Universel comprend une phase de « mission d’intérêt général » qui peut se réaliser dans une structure culturelle, à certaines conditions. Durée, contrat, tâches à confier : comment accueillir ces SNU, que l’on soit une salle de spectacle, un musée ou un festival ?

Un jeune effectuant sa MIG à la Croix Rouge. - © H. Hamon
Un jeune effectuant sa MIG à la Croix Rouge. - © H. Hamon
  • Le SNU, qu’est-ce donc ?

De 15 à 17 ans, préférablement au cours de leur année de seconde, des jeunes peuvent suivre un programme visant à les initier à l’engagement citoyen, qu’ils soient ou non scolarisés. Le Service national universel comprend un « séjour de cohésion » de deux semaines dans un centre dédié, où il participera à diverses activités dont l’un des axes est la culture. À l’issue de cette phase, une « mission d’intérêt général » est à effectuer dans une structure adaptée. La troisième phase est facultative, et peut prendre la forme d’un Service Civique, dans la même structure ou une autre.

Basé sur le volontariat dans sa phase test, le SNU est voué à devenir obligatoire sur toute la classe d'âge concernée d’ici 2023. Le dispositif est à l’essai depuis 2019 : en 2020, il a réuni 2 000 participants dans 13 départements pilotes, puis 15 000 en 2021, dans 122 centres animés par 2 700 encadrants. 50 000 places sont ouvertes en 2022, sur trois sessions de séjours de cohésion (les 13 février, 12 juin et 3 juillet). 

  • La Mission d’intérêt général (MIG) : quelle durée ? 

Les 84 heures ou 12 jours sont répartissables hors temps scolaire sur l’année qui suit le séjour de cohésion. Le plus souvent, dans la culture, les MIG sont effectuées de manière perlée sur les mercredis et les week-ends, éventuellement en soirée - mais jamais plus tard que 22h.

  • Quelles structures sont habilitées à en accueillir ? 

Les MIG dans le domaine culturel sont le plus souvent proposées par des communes ou des associations. Les structures publiques (associations loi 1901, personnes morales de droit public, services de l'État, collectivités territoriales, établissements publics) sont habilitées à engager des jeunes à ce titre, ainsi que les organismes privés sans but lucratif portant un projet d’intérêt général

Les organismes à but lucratif ou ne portant pas de projet d’intérêt général en sont exclus, ainsi que les syndicats, les sociétés et les fondations d’entreprise. 

  • Quelles tâches attribuer dans le cadre d’une MIG ? 

Pendant leur MIG, selon les situations, les jeunes peuvent se voir confier un large éventail de tâches. 

- dans le spectacle vivant : l’accueil des artistes, la vérification des billets, l’accueil et le placement du public, l’aide à la programmation, à la réalisation d’un événement, à la promotion, la signalisation, à l’installation d'équipements, ainsi qu'à la création d’un spectacle et à sa mise en place logistique. 

- dans d’autres contextes : la création d’une émission radiophonique, l’animation d’ateliers, de jeux, d’ateliers d’improvisation, etc. 

Il est à noter que, pour l’instant, seules 7 % des missions proposées relevaient du champ culturel, alors que de nombreux jeunes souhaitent s’engager dans des projets de ce type.

  • Quelle convention entre le département dédié et la structure ? 

Les structures déposent leur MIG sur une plateforme dédiée. Elles sont ensuite validées par le Service Départemental à la Jeunesse, à l’Engagement et aux Sports (SDJES) et proposées aux candidats. Lors d’une embauche, un contrat d’engagement est signé entre la structure d’accueil, le SJDES et les représentants légaux du volontaire dont la candidature a été acceptée. La structure d’accueil doit alors designer un tuteur (bénévole ou salarié) qui encadrera le volontaire pendant toute sa mission.

  • La phase 3 du SNU peut-elle avoir lieu dans la même structure que la MIG ? 

Oui, et c’est d’ailleurs encouragé. Celle-ci s’adresse aux jeunes de 16 à 25 ans et dure de trois mois à un an, et peut prendre la forme d’un service civique ou d’une réserve civique. Il est donc possible de faire, dans la même structure, une mission d’intérêt général et un service civique. Dans le programme du SNU, la MIG peut aussi être remplacé par un service civique. 

Il est également possible de réaliser en phase 2 une formation ou une préparation en vue d’un engagement volontaire en phase 3. 

  • Quels sont les objectifs citoyens de la MIG ? 

Il s’agit de transmettre un « socle républicain, renforcer la cohésion nationale, développer la culture de l’engagement, la responsabilité et l’autonomie des jeunes », d’après le Ministère de l'Éducation Nationale et de la Jeunesse. 

Transférer cet article à un(e) ami(e)