Production

Musiques actuelles : à Angers, une reprise presque normale au Chabada

Par Thomas Corlin | le | Diffusion, booking

Malgré une programmation bookée dans l’urgence et une communication tronquée, le Chabada à Angers (Maine-et-Loire) enregistre une reprise presque à la normale, d’après sa co-directrice Mélanie Alaitru.

Clara Luciani a rempli le Chabada le 29 octobre dernier. - © Jeanne Bonnet
Clara Luciani a rempli le Chabada le 29 octobre dernier. - © Jeanne Bonnet

Quelle programmation avez-vous mis en place pour cette rentrée inhabituelle ? 

Nous n’enregistrons pas de gros décalages par rapport à 2019.

Nous n’avons pas saturé, nous avons veillé à rester réalistes et attentifs sur les conditions particulières de cette reprise. La programmation ne s’étend que sur le premier trimestre pour l’instant. Elle s’est calée de juin à août, particulièrement sur la fin de l’été, une période où bien des inconnues subsistaient encore - même si la  confirmation de jauges à 75 % nous offrait enfin des conditions de travail acceptables. Nous avons booké 28 dates au lieu d’une trentaine normalement sur une telle période. 

Nous avons annoncé tardivement cette programmation, et ne l’avons pas sortie sur support papier. Ainsi nos canaux de communication sont presque entièrement numériques, à l’exception d’un peu d’affichage sur quelques dates importantes confirmées. En septembre, nous calions encore des dates, il était impossible de sortir un programme fixe selon le timing habituel, et cela ne ferait pas sens de publier un programme papier après cette date. 

Dans la pratique, comment s’est passé le retour du public ? 

À vrai dire, notre remplissage n’est pas éloigné de celui d’une année pré-crise. Les stars nationales (Clara Luciani venue récemment, Gaëtan Roussel, Gaël Faye bientôt, etc) remplissent normalement, les tickets étaient d’ailleurs déjà vendus. 

Depuis le 1er novembre, le masque est redevenu obligatoire dans tous les ERP du département, nous attendons de voir si cela aura une conséquence sur nos événements.

Les dates « découvertes » ou les propositions inattendues remplissent moins, mais cela aurait été le cas, qu’importe le contexte - et le phénomène ne s’est pas aggravé, rien là de catastrophique. Nous n’enregistrons pas des décalages de 30 à 40 % par rapport à 2019. Nous avons d’ailleurs des surprises enthousiasmantes : le festival Lévitation, une de nos premières dates de la saison, a fait sa plus belle année. En un mot, le public est bien présent, malgré des comportements un peu différents (tout le monde n’a pas repris ses réflexes d’avant-Covid), et l’ambiance est assez puissante selon les soirées. 

Depuis le 1er novembre, le masque est redevenu obligatoire dans tous les ERP du département, nous attendons de voir si cela aura une conséquence sur nos événements.

Financièrement, retombez-vous sur vos pieds ? 

Nous n’avons pas encore clôturé l’exercice de cette année, mais nous savons déjà que nous n’avons pas fait d’excédent spectaculaire. Les résidences et le livestream, avaient aussi un coût. Nous avons eu quelques inquiétudes du fait de réponses tardives sur certaines lignes financières, mais tout est rentré dans l’ordre, et nous repartirons sur une situation financière équivalente à celle des années précédentes. 

Quelles sont les grandes lignes du projet que vous présentez pour votre évaluation en tant que SMAC, qui intervient tous les 4 ans ?

Nous y intégrons les défis écologiques, l’évolution des formats de concert, l’ouverture aux familles et aux enfants, la programmation hors les murs, la pluridisciplinarité, les droits culturels et la place faite aux femmes. 

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