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Festivals : le festival Funambals sold out avec une communication 100 % en ligne

Par Thomas Corlin | le | Diffusion, booking

Avec HelloAsso, Culture Matin se penche sur la vie culturelle portée par des structures associatives. Aujourd’hui, Funambals, un des rares rendez-vous de la scène folk en milieu urbain (Rillieux-la-Pape, Rhône), a affiché complet pour son édition 2022, du 1er au 3 avril, avec un réseau de bénévoles et un public renouvelés, d’après la présidente de l’association La Campanule, Karine Billard.

L’Espace 140 peut accueillir jusqu'à 1 000 personnes. - © Stéphane Perraud
L’Espace 140 peut accueillir jusqu'à 1 000 personnes. - © Stéphane Perraud

Après deux éditions annulées, comment s’est relancé Funambals ? 

Nous avions envisagé le maintien en 2021 mais la salle qui nous accueille, l'Espace 140 à Rillieux-la-Pape, ne prévoyait de rouvrir qu’en mars, ce qui nous a découragé. Cette fois-ci, nous avons travaillé en sourdine à partir de septembre 2021, pour officiellement nous lancer en février quand nous avons jugé que la voie était libre. 

Nous sommes allés de surprise en surprise cette année : tout d’abord, nous avions cru que cette édition génèrerait un déficit sans précédent, mais la suspension du pass vaccinal nous a en quelque sorte sauvé la mise. Le milieu folk connait une grande réticence face au pass vaccinal, son maintien aurait résolument contraint notre fréquentation. Dès son abandon, nous avons fait salle comble sur les trois jours.

Par ailleurs, la billetterie HelloAsso nous transmet les adresses mail des festivaliers, et nous remarquons que la plupart d’entre elles sont nouvelles, nous ne les avions pas dans notre répertoire. Nous en déduisons que c’est un public en grande partie renouvelé qui se rend à cette édition - mais toujours aussi international puisque nous relevons beaucoup d’adresses belges et italiennes par exemple. 

Comment avez-vous communiqué sur l'événement ? 

Il semblerait que le festival, qui en est à sa 11ème édition, soit désormais bien identifié dans le réseau, et que des gens qui en ont entendu parler par le passé souhaitent s’y rendre pour la première fois. Quoiqu’il en soit, la communication s’est faite entièrement en ligne : Whatsapp, newsletter, Facebook, Signal, et le bouche-à-oreille. Plus exactement, lorsque nous avions fini d’imprimer nos affiches et nos flyers, tous les tickets étaient déjà vendus, nous ne les avons donc jamais fait circuler. Par ailleurs, la communication par flyers et affiches sur d’autres événements en amont n’a, de fait, pas été possible puisque la plupart d’entre eux n’ont pas eu lieu - si ce n’est quelques rassemblements privés.

Quel est le modèle économique du festival et comment avez-vous financé cette nouvelle édition ? 

Réduire la programmation pour mieux payer les artistes.

Funambals est entièrement bénévole. La seule subvention que nous percevons sert à salarier une danseuse qui travaille avec des collégiens sur un projet présenté en ouverture du festival. Nous disposons juste des fonds nécessaires pour lancer la prochaine édition, et nous nous remboursons sur la billetterie et le bar. Sur les 35 à 40 artistes à l’affiche cette année, la plupart sont des reports - quelques-uns, dont des têtes d’affiche, ont changé de métier depuis, sans qu’il soit possible d'établir si c’est une conséquence de la crise ou un simple choix personnel. Nous les payons et les hébergeons tous, qu’ils soient intermittents, amateurs, en GUSO ou fiche de salaire. Au lieu de remplacer les groupes qui n’existaient plus, nous avons préféré réduire le volume de la programmation, rallonger certains sets et mieux payer ceux qui pouvaient venir. 

Vous expérimentez de nouvelles formules de billetterie, comment sont-elles reçues par votre public ? 

Funambals propose une jauge de 1 000 personnes par soir, un camping de 150 personnes, ainsi qu’un co-événement avec le festival Zéro Déchet. Cette année, nous avons établi un tarif de base à 24 € pour notre bal du dimanche, ainsi qu’un tarif réduit et une participation solidaire. Le tarif réduit est accessible à tous ceux qui jugent en avoir besoin, sans présentation de justificatif. Nous avions pensé qu’une majorité opterait pour cette solution, générant ainsi un certain déficit, mais cela n’a pas été le cas. Il est aussi à noter qu’une majorité des détenteurs de billets sur notre édition 2020 n’ont pas demandé de remboursement, afin de soutenir les artistes à l’affiche. Enfin, la « participation solidaire » fonctionne selon le modèle du café suspendu : les gens peuvent mettre quelques euros de plus ou financer des tickets à ceux qui n’ont pas même les moyens de se payer le tarif réduit. Nous avons collecté de quoi en financer 10, et seulement 5 personnes en ont demandé. 

Comment se porte le réseau de bénévoles sur lequel repose Funambals ? 

L'équipe d’organisation générale d’une dizaine de bénévoles, est renouvelée à 75 %. Nous avons aussi renouvelé en partie l'équipe de « grands bénévoles » sur le terrain, d’une dizaine de membres également, qui coordonne une centaine de « bénévolants » formés sur le tas pour faire une heure de bar ici ou là. 

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