Production

Théâtre : Le Petit Manoir, nouveau théâtre de proximité à Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine)

Le | Lieux, résidences, locaux de répétition

Pour cette rentrée 2022, la ville d’Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine) accueille un nouveau théâtre, Le Petit Manoir. Directrice de l’établissement, Macha Orlova nous explique comment ce lieu culturel de proximité a vu le jour.

La scène du Petit Manoir. - © D.R.
La scène du Petit Manoir. - © D.R.

Pourquoi vous êtes-vous implanté à Asnières-sur-Seine et dans cette salle en particulier ?

Notre théâtre est géré uniquement par des artistes, ce qui n’est pas toujours le cas dans notre milieu.

La ville d’Asnières-sur-Seine dispose déjà d’une grande salle avec le Théâtre Armande Béjart. Nous souhaitions apporter une alternative en proposant un lieu culturel de proximité aux habitants. L’histoire de ce lieu est insolite car c’était une petite usine d’élastique à soutien gorge qui s’est transformée en menuiserie pour devenir aujourd’hui un théâtre. Nous avons choisi cette salle pour son cadre intimiste. Elle peut accueillir cinquante personnes. Les spectateurs sont au bord de la scène en contact direct avec les acteurs.

Dès le départ, notre projet était de faire un théâtre qui communique avec le public. Notre volonté est de créer un « bijou de quartier », un cocon où les habitants de la ville et les familles peuvent vivre un moment de partage et échanger avec les artistes lors de débats. Nous avons par exemple choisi d’avoir des gradins avec une banquette en cuir plutôt que des sièges individuels pour favoriser ce lien de proximité.

Comment s’est déroulée la réalisation de votre projet ?

Macha Orlova, directrice du Petit Manoir. - © D.R.
Macha Orlova, directrice du Petit Manoir. - © D.R.

Pour le lancement d’un nouveau théâtre, les porteurs de projet ont tendance à s’appuyer uniquement sur les financements des organismes publics et du ministère de la Culture. Ces subventions sont précieuses mais elles diminuent au fil des années. Aujourd’hui, les acteurs du monde culturel doivent se positionner dans une démarche d’indépendance financière. Plusieurs modèles économiques sont possibles pour faire vivre un établissement. En ce qui nous concerne, nous avons investi avec des fonds privés et la gestion de notre établissement est répartie entre le salariat et le bénévolat.

Nous sommes une équipe de cinq personnes. Je travaille en tant que directrice de l’établissement et comédienne. Nous avons deux bénévoles pour la partie administrative, et deux professeurs et comédiens rémunérés qui proposent des ateliers. Nous formons l’association Paris en scène. Notre théâtre est géré uniquement par des artistes, ce qui n’est pas toujours le cas dans notre milieu. Ce modèle garantit l’indépendance et favorise la prééminence de l’artistique dans la prise de décision.

Quelles sont vos stratégies pour générer des revenus ?

Nos recettes viendront principalement de la vente de billets. Il faut avoir confiance dans le succès de l’art et dans sa capacité à générer des revenus par lui-même. En parallèle, nous développons des stratégies de partenariat, notamment avec les établissements scolaires ou encore avec la mairie qui s’occupe de notre communication. Les partenariats amènent du public, et dans certains cas nous déchargent de certaines tâches onéreuses.

Le Petit Manoir, nouveau plateau accessible aux compagnies amateurs. - © D.R.
Le Petit Manoir, nouveau plateau accessible aux compagnies amateurs. - © D.R.

Au niveau de la programmation, quel type de spectacles proposez-vous ?

Nous voulons à tout prix briser la barrière de l’élitisme. Notre vision du théâtre est celle d’un lieu de partage où tout le monde peut avoir accès à la culture et se retrouver dans la programmation proposée. Aujourd’hui on entend le slogan du « rendre la culture accessible à tous » un peu partout, mais concrètement, comment le mettre en pratique ? Cela passe par une programmation très variée, la proposition de différents types d’artistes et des prix abordables.

Nous souhaitons accompagner les artistes dans leurs premiers pas. Les compagnies amateurs pourront bénéficier de notre salle.

Nous proposons un spectacle différent par semaine avec trois dates sur les sept jours. D’ici la fin de l’année, le public aura la possibilité d’assister à près de vingt spectacles. Au niveau des genres, nous aurons de la comédie, avec par exemple une compagnie internationale de clowns et la pièce référence On ne couche pas aux enterrements à l’affiche. Nous aurons également des spectacles engagés qui traitent de sujets d’actualité ou de société avec par exemple la pièce Défaillances qui aborde les problématiques des enfants abandonnés à la Protection de l’enfance.

En novembre, nous aurons un festival intitulé Au féminin. Nous proposerons diverses formes artistiques avec l’intervention d’une comédienne qui raconte des contes africains sur la place de la femme dans la société. À l’affiche il y aura également les pièces Comme on brûle Encore et Fragments de femmes, un spectacle reprenant les monologues de vingt-six femmes sur des thématiques liées à leurs vies. 

La variété de la programmation s’exprime aussi par la diversité des arts. Le Petit Manoir sera également une scène de musique. Nos spectacles mettront en scène des artistes confirmés et reconnus mais également des artistes émergents. Nous souhaitons accompagner les artistes dans leurs premiers pas. Les compagnies amateurs pourront bénéficier de notre salle pour des répétitions et effectuer leurs premières scènes.

Transférer cet article à un(e) ami(e)