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EAC : comment le projet Théâ de l’OCCE initie des milliers d’enfants à l’art dramatique

Par Bertrand Dicale | le | Médiation

Depuis 2004, l’Office central de la coopération à l'école a mis en place l’action nationale Théâ. Avec l’aide de structures théâtrales et de compagnies, les enfants sont initiés par la découverte de l’univers d’un auteur. Un programme expliqué par Katell Tison-Deimat, coordinatrice nationale art et culture à l’OCCE.

Le dispositif Théâ touche cette année 650 classes. - © D.R.
Le dispositif Théâ touche cette année 650 classes. - © D.R.

Pourquoi l’OCCE a-t-il décidé de mettre en place le projet Théâ ?

Les temps forts nationaux se tiennent en Occitanie en partenariat avec la DRAC, la Scène nationale d’Albi et le Kiwi Centre Culturel de Ramonville, ainsi que plusieurs compagnies de la région.

Avant 2002, l’Office central de la coopération à l'école avait constitué une cellule de travail autour des questions d’éducation artistique et de pratique du théâtre en milieu scolaire. En 2002, La Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon, Centre national des écritures du spectacle, a sollicité l’OCCE pour un projet portant sur les écritures théâtrales consacrées à l’enfance et la jeunesse. C’est là que Théâ a démarré. L’objectif de cette action nationale est l’éducation artistique par la pratique.

Chaque année, nous travaillons avec un auteur associé, qui doit être publié par des éditions théâtrales et avoir publié au moins trois textes destinés à l’enfance ou l’adolescence. Pour l’édition 2021-2022 de Théâ, il s’agit de Sabine Tamisier. Aujourd’hui, Théâ intègre également la danse ou le cirque.

Comment l’OCCE déploie-t-il Théâ sur l’ensemble du territoire ?

Nous travaillons à l’échelle nationale et au niveau départemental. Nous avons des partenariats pérennes avec le Centre national des écritures du spectacle à la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon, l’Association nationale de recherche et d’Action Théâtrale Théâtre-Éducation, et la Maison du geste et de l’image à Paris. Grâce à l’aide des structures théâtrales, des compagnies et des enseignants en école, nous sommes en mesure d’effectuer un large déploiement.

L’OCCE est une fédération nationale composée de 102 associations départementales, qui sont le cœur dynamique de Théâ. Elles effectuent le travail de relai auprès des classes inscrites au projet. Chaque année, nous choisissons une région pour accueillir les temps forts nationaux de la saison.  Pour cette édition, ils se tiennent en Occitanie en partenariat avec la DRAC, la Scène nationale d’Albi et le Kiwi Centre Culturel de Ramonville, ainsi que plusieurs compagnies de la région.

L’OCCE en bref

L’Office central de la Coopération à l’École est une association nationale régie par la loi de 1901. L’association soutient, favorise et développe la coopération comme valeur centrale et mode d’action à l’école. Reconnu d’utilité publique en 1968, cet organisme propose aux enseignants des formations et les accompagne dans la mise en œuvre de projets coopératifs.

Comment l’action Théâ est-elle financée ?

L’OCCE est subventionné par le ministère de l’Éducation nationale. Nos associations départementales affilient également les coopératives scolaires pour financer ce type d’action. 

Comment se déroule la mise en application des actions Théâ ?

Au printemps, la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon accueille un stage national, « À la découverte d’une écriture Théâtrale contemporaine ». C’est une formation destinée aux adultes pour leur faire découvrir l’univers de l’auteur associé de la saison suivante. À la rentrée, nos structures départementales recueillent les inscriptions des classes souhaitant s’inscrire à Théâ. À l’automne, se tient le second temps fort national dans la région choisie, l’auteur associé étant présent aux côtés des enseignants et des artistes qui relaient l’action dans chaque département au sein des classes.

Pour la saison 2021-2022, nous comptons 650 classes inscrites sur l’ensemble du territoire.

De l’automne au printemps suivant, chaque association départementale et les classes inscrites construisent leur action sur leur territoire avec les enseignants, les artistes et les partenaires. Chaque département est autonome dans son fonctionnement. La seule exigence est de travailler avec des professionnels. Il y 150 journées de rencontres départementales Théâ, outre les rencontres nationales. Des temps de partage avec d’autres classes, des ateliers de lecture théâtrale et de travail scénique sont mis en place. Compagnies, comédiens, danseurs, metteurs en scène, circassiens, marionnettistes interviennent auprès des enfants. Une œuvre ou une scène de restitution finale est effectuée au terme de cette période. Tous ces moments ont pour but de valoriser la création et développer l’éducation artistique des enfants.

La saison Théâ se conclut fin mai ou début juin, avec l’événement national de finalisation. En présence de l’auteur associé, un forum est organisé sur une problématique spécifique de l’éducation artistique. Cette année, il s’agit du thème « L’enfant lecteur de théâtre : qu’est-ce que lire du théâtre ? ».

Chaque département est autonome dans son fonctionnement. La seule exigence est de travailler avec des professionnels. - © D.R.
Chaque département est autonome dans son fonctionnement. La seule exigence est de travailler avec des professionnels. - © D.R.

Après 17 ans d’existence, que peut-on dire de l’impact de Théâ ?

Théâ dispose d’un axe de formation très fort. Beaucoup d’artistes participent à l’action en tant que stagiaires pour gagner en expérience et en expertise. Il y a également un fort engagement des enseignants.

Les actions Théâ représentent un beau carrefour entre artistes, enseignants et élèves. Pour la saison 2021-2022, nous comptons 650 classes inscrites sur l’ensemble du territoire. Les demandes sont nombreuses et il n’y pas de sélection. Donc nous poussons les murs chaque année pour accueillir le maximum de classes. Le cœur de Théâ, c’est la découverte de l’art par la pratique à hauteur d’enfant. Théâ permet aux enfants à la fois l’apprentissage et l’expérience de l’art.

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