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Musique enregistrée : Fred Chapellier, premier artiste blues à proposer une chanson en NFT

Par Thomas Corlin | le | Merchandising

Label de blues historique, Dixiefrog s’est laissé tenter par la technologie NFT, via la jeune plateforme Pianity. Leur artiste Fred Chapelier a déjà vendu « une trentaine » de NFT d’un morceau qui n’est autrement disponible que sur vinyle, explique le co-gérant du label François Mainceant.

Fred Chapelier est le premier artiste du label àse prêter à l’expérience. - © Philip Ducap
Fred Chapelier est le premier artiste du label àse prêter à l’expérience. - © Philip Ducap

Qu’est ce qui a initié cette édition en NFT d’un morceau de Fred Chapellier ?

C’est la plateforme Pianity, jeune start-up qui se positionne sur le marché du NFT dans le domaine musical, qui nous a contacté. Une de leurs collaboratrices connaissait bien notre label, qui a un historique fort - trente-cinq ans d’existence, un des trois labels de blues au monde. 

Pour être franc, nous n’avions entendu parler du NFT que de loin. Nous étions au fait des cryptomonnaies, avions entendu parler de la blockchain, puis suivi des conférences au MaMA Festival - mais cela restait flou. 

La chanson est à l'écoute sur la plateforme mais ne peut être acquise sur un support digital. Elle n’est disponible que sur vinyle.

Une fois que Pianity nous a clairement fait comprendre ce dont il s’agissait, nous y avons reconnu une nouvelle source de revenus pour nos artistes et notre label - à l’heure où le streaming et le vinyle rapportent encore des sommes minimes. Nous nous sommes alors accordés sur un morceau qui servira de test, avant de reconduire l’expérience avec d’autres artistes, voire des éléments de notre back catalogue. 

C’est Fred Chapelier qui inaugure, simplement parce que son album sortait sur cette période et qu’il était partant. Il nous faut naturellement l’accord de nos artistes pour proposer des NFT avec leurs œuvres.

Que contient ce NFT et comment le présentez-vous à votre public ?

Il contient naturellement le morceau Don’t Take Me For A Loser et un visuel original pour chaque NFT, signé Eliott Dublanc. La chanson elle-même est à l'écoute sur la plateforme, mais ne peut être acquise sur un support digital - elle n’est disponible que sur vinyle. Son NFT est disponible en 100 exemplaires et nous en avons vendu une trentaine depuis le 20 janvier dernier - ce qui représente déjà une somme difficile à réunir grâce au streaming. Il est nécessaire de s’inscrire sur Pianity pour acquérir un de ces NFT. 

La valeur de ce premier NFT est de 30 euros. Sur cette somme nous payons l’artiste, le graphiste, le label et la plateforme.

Nous avons fait beaucoup de pédagogie autour de cette nouveauté, car le concept de NFT peut demeurer abstrait pour une grande partie de notre public. Une newsletter a été envoyée à tous nos contacts, car nous craignions qu’un post sur les réseaux sociaux ne suffise pas - certains l’ont peut-être partagé sans savoir tout à fait de quoi il s’agissait. Nous avons choisi l’analogie de la lithographie : il est possible de posséder une copie en lithographie d’une peinture de Picasso, signée et numérotée par l’artiste, sans posséder pour autant le tableau original lui-même. Il est aussi possible de revendre aux enchères cette pièce ultérieurement, sur un marché de collectionneurs. Le NFT est le pendant digital de ce support, dont l’authentification se fait grâce à la technologie du blockchain.

Un des visuels uniques à chaque exemplaire, signés Eliott Dublanc. - © Eliott Dublanc
Un des visuels uniques à chaque exemplaire, signés Eliott Dublanc. - © Eliott Dublanc

Comment la valeur de ce NFT a-t-elle été fixée et quels sont les termes de votre partenariat avec la plateforme ? 

Nous avons suivi les conseils de la plateforme concernant le prix du NFT. Celui-ci pourra varier selon la notoriété des artistes de notre catalogue qui en proposeront. 

La valeur de ce premier NFT est de 30 euros. Sur cette somme nous payons l’artiste, le graphiste, le label et la plateforme. Les droits d’auteur sont tout à fait indépendants de cette somme, et sont évidemment réservés à l’artiste. 

À l’issue de cette première expérience, nous envisageons d’en publier quatre à six par mois, par différents artistes de notre catalogue. À notre connaissance, aucune autre initiative de ce type n’a été tentée dans le champ du blues. 

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