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Live : les 7 conseils de CURA pour vivre sainement en tournée

Par Thomas Corlin | Le | Catering, transport, régie

Le live reprend enfin, et donc aussi les risques de la vie de tournée pour la santé des professionnels. Pour retrouver la scène dans les meilleures conditions, Sandrine Bileci et Suzanne Combo du collectif CURA partagent leurs bons conseils, à l’adresse des lieux d’accueil comme des artistes.

Les artistes doivent savoir prendre leurs distances avec les réseaux sociaux. - © D.R.
Les artistes doivent savoir prendre leurs distances avec les réseaux sociaux. - © D.R.
  • Horaires : assurer du confort entre balances et concert

Ni les artistes ni les tourneurs n’ont le contrôle sur les horaires de concert, particulièrement en festival. C’est d’autant plus vrai pour les artistes émergents, qui se retrouvent parfois à remplir des cases dans la time-table de l’événement. La plupart du temps, il faut arriver tôt pour jouer tard, les premières balances étant celles du dernier artiste à jouer. Parfois, des séances promotionnelles sont prévues, mais ce n’est pas toujours le cas et il s’agit alors de bien encadrer ce temps d’attente par des conditions d’accueil adéquates : l’artiste doit pouvoir s’isoler, travailler, se reposer.

D’autres inégalités existent à cet endroit-là : certains artistes plus confirmés disposent d’un tour-bus, d’une équipe, et peuvent rendre leur passage plus agréable, en personnalisant par exemple des loges vides au confort rudimentaire - comme elles le sont souvent dans les Zéniths. Les émergents - et pas seulement -, sont parfois livrés à eux-mêmes, sans régisseur ni manageur. 

  • Alimentation : veiller à proposer des menus nutritifs

Il arrive que la production opte pour un catering à bas prix pour optimiser sa marge, mais c’est pourtant une dépense qui ne peut être négligée. Les « riders », ces listes de victuailles à prévoir sur place, doivent être personnalisées, surtout lorsque les artistes ont des régimes spéciaux - végétarien, etc. Être exigeant à cet endroit-là n’est pas forcément plus cher, il suffit juste de consommer local, d’éviter l’industriel et, par dessus-tout, de veiller à ce que la nourriture proposée soit nutritive.

  • Alcool : limiter l’accès

Certains lieux veillent à ne pas donner accès trop facilement à l’alcool, selon les horaires notamment. Il n’est pas forcément approprié de proposer des bières dans le frigo des loges à 14h à des artistes qui viennent de faire leurs balances et doivent jouer 10 heures plus tard. S’il faut demander à un régisseur pour avoir accès de l’alcool, cela peut faire réfléchir avant de le faire. Il en va de la gestion des addictions qui peuvent être développées en tournée. 

  • Nuit : participer à la fête ?

Les artistes qui sont amenés à jouer principalement de nuit, comme cela est souvent le cas dans la musique électronique, participent de moins en moins à l’aspect festif des événements qui les accueillent. De plus en plus souvent, ces artistes-là ne boivent plus, font du sport, veillent à récupérer leur sommeil. C’est à chacun de connaître ses limites et son équilibre pour parvenir à tenir sur le long terme à ce rythme-là.

  • Déplacements : refuser une date à trop longue distance ?

C’est une problématique d’ordre écologique, mais aussi de bon sens, qui gagne du terrain dans les consciences même si elle est loin d’être prise en compte partout. Là encore, les headliners sont privilégiés, puisqu’ils ils disposent de davantage d’opportunités et que tourneurs et promoteurs peuvent leur tracer un parcours harmonieux. Ce n’est pas le cas pour les émergents qui sont programmés là où ils le peuvent. Il faudrait alors prohiber les dates nécessitant des déplacements extravagants mais, là encore, tous les artistes ne peuvent pas se le permettre.

  • Jours de repos : bien les respecter

La convention collective n’est pas très précise là-dessus. Des artistes peuvent parfois jouer du mercredi au dimanche, puis enchaîner sans rentrer chez eux parce que la tournée reprend le mardi suivant. Il faut veiller à respecter des phases de repos chez soi, quand cela reste possible. C’est un impératif qui n’est d’ailleurs pas toujours compatible avec celui de la réduction des déplacements - retourner chez soi entre deux dates nécessite nécessairement un surplus de transports. 

  • Réseaux sociaux : les limiter

À haute dose, les réseaux sociaux peuvent nuire à la santé mentale - ce sont surtout les haters qui s’y expriment. Il faut savoir garder de la distance et faire des pauses pour se couper des trolls, quitte à laisser l’entourage professionnel prendre le relai. De manière générale, les artistes doivent se couper aussi de l’univers musical et prendre du temps pour eux hors du live et même de la musique - et, bien sûr, faire des check-up de santé.