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Festivals d'été : en Vendée, Poupet met le paquet pour la reprise

Par Thomas Corlin | le | Diffusion, booking

Renouvellement des bénévoles, affiche blindée de stars : pour sa 35e édition, du 29 juin au 22 juillet 2022, le festival de Poupet (Vendée) veut marquer les esprits et s’en donne les moyens. Alors que le secteur s’inquiète du retour du public, le sien semble pour l’instant au rendez-vous selon les ventes, constate le directeur de l'événement Thomas Maindron.

Sur 3 semaines, l'événement cumule jusqu'à 140 000 visiteurs. - © Festival de Poupet
Sur 3 semaines, l'événement cumule jusqu'à 140 000 visiteurs. - © Festival de Poupet

Comment se relève votre équipe de la crise sanitaire ?

Nous avons perdu 20 % de nos bénévoles historiques, mais en avons intégré autant. D’autres événements, par exemple sportifs, rencontrent plus de difficultés.

Finalement, pas trop mal, notamment grâce à la taille de notre structure - trois salariés permanents seulement. Également, nous n’avons essuyé qu’une seule annulation sèche, en 2020, puisque nous avons partiellement maintenu l'édition 2021 en conservant nos événements à jauge de maximum 5 000 personnes en extérieur, une de nos configurations courantes. 

Comment se présente cette édition ?

Nous retrouvons l'événement dans sa totalité, à savoir une douzaine de dates dans un théâtre de verdure et, comme nous le faisons depuis 2006, une grande soirée de clôture entre 25 et 30 000 personnes. Sur la soirée où jouera Stromae, nous attendons jusqu'à 40 000 personnes. Pour nous, c’est donc reparti comme en 2019.

Pour notre 35e édition, comme pour tous nos anniversaires tous les cinq ans, nous avons mis un peu plus au pot afin de réunir une programmation qui fasse événement. Le budget monte à 5 M€ pour l’occasion et nous avons joué le jeu des têtes d’affiche. 

Pour autant, notre mode de fonctionnement reste le même : sur ces 5 millions, seuls 100 000 euros proviennent de subventions, un quart du mécénat et le reste de la billetterie, du bar et de la restauration.

Jusqu’ici, le public répond bien à cette nouvelle affiche, même si nous notons un ralentissement, de l’ordre de 4 ou 5 000 places. Sur les 105 000 billets déjà vendus, 80 000 sont liés à trois dates particulièrement populaires, ce qui biaise un peu les chiffres cette année. 

Poupet fait partie des festivals qui emploient un grand nombre de bénévoles. Comment ces effectifs se recomposent-ils aujourd’hui après une telle période ?

C’est un peu particulier dans notre cas : la Vendée a une forte culture du bénévolat. Rappelons que notre festival, à Saint-Malô-du-Bois, est à 3 kilomètres du Puy-du-Fou, qui en emploie 3 000. Poupet repose pour sa part sur un millier de bénévoles, c’est un modèle dont dépend le festival pour sa propre survie. 

L’an dernier, nous en avons embauché beaucoup moins, mais cette année nous retrouvons notre volume classique, et nous avons dû remobiliser ces effectifs. Nous avons perdu 20 % de nos bénévoles historiques, mais en avons intégré autant, la perte est donc compensée. D’autres événements, par exemple sportifs, rencontrent plus de difficultés à cet endroit, d’après mes retours. Par chance, notre événement bénéficie d’un attrait populaire qui ne fléchit pas, et ne peine pas à motiver un large public d'âges et d’origines sociales variés.

La gestion des bénévoles se fait par une division en vingt services (accueil artiste, bar, parking, etc) pilotés par une personne chacun (et quelques bras droits), ce qui représente des groupes de 50 personnes. 

L’affiche n’est pas avare en « headliners ». Comment se portent les négociations avec les sociétés de production ?

Nos prestataires ont manifestement beaucoup plus souffert que les acteurs les plus visibles de la filière.

Dans l’ensemble, les prix ont repris leur escalade à l’endroit où la crise les avait laissés, et c’est en fin de compte inévitable. Il ne s’agit pas même de rattraper les pertes de la pandémie - tout le monde a peu ou prou été correctement aidé. C’est tout simplement le jeu de l’offre et de la demande qui se ré-enclenche, et la même pression sur le live qui demeure la principale source de revenus de la musique - rien n’a changé pendant la crise de ce côté-là. Nous n’en voulons à personne, c’est de bonne guerre. Notre festival n’est pas le seul à vouloir soigner sa reprise, à capter les artistes que son public veut voir, par conséquent les enchères grimpent, c’est inévitable. Par ailleurs, beaucoup auraient voulu croire que la crise déclencherait une prise de conscience en matière de moyens et de transports, mais ce n’est visiblement pas le cas : certains se déplacent toujours avec quatre semi-remorques en tournée. 

Dans quel état retrouvez-vous vos prestataires ?

Ils ont manifestement beaucoup plus souffert que les acteurs les plus visibles de la filière. Eux ne risquent pas d’augmenter leurs tarifs cette année : il faut que la saison soit bonne et qu’ils reprennent autant d’activité que possible. Ils sont pourtant les premières victimes de l’augmentation de l’essence. Nous leur versons parfois des acomptes plus tôt que prévu, et c’est normal. 

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