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Éco-responsabilité : comment le Cnarep Quelques p’Arts a-t-il adapté ses méthodes de travail ?

Par Thomas Corlin | le | Éco-responsabilité

En Auvergne-Rhône-Alpes, la start-up WeCount a accompagné plusieurs structures culturelles dans leur bilan énergétique. Le Cnarep Quelques p’Arts revient sur cinq mois de suivi et de réflexion autour de ses dépenses quotidiennes, d’après l’administratrice Sandrine Dupuy, référente sur le dossier.

La promotion de WeCount à laquelle a participé Quelques p’Arts. - © D.R.
La promotion de WeCount à laquelle a participé Quelques p’Arts. - © D.R.

En quoi consiste l’accompagnement de We Count aux structures du secteur culturel ?

De novembre à mars, nous sommes suivis par la start-up We Count dans l’élaboration d’une trajectoire de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030, basée sur notre fonctionnement quotidien. La formation consiste en trois journées complètes en présentiel, puis des séances hebdomadaires en visio sur des thématiques variées (bâtiment, matériaux, etc), animées par des experts tous plus passionnants les uns que les autres.

Nous sommes formés à utiliser une plateforme qui devient notre tableau de bord en matière d’impact environnemental en fonction de nos dépenses d’énergie - chaque idée qui nous vient y est inscrite. Nous y rentrons par exemple le nombre de kilos de papier utilisés, les kilomètres que nous faisons en camion, les repas servis et tout ce qui peut être facteur d’émission dans notre quotidien, pour déterminer notre impact puis définir des objectifs pour le réduire. Elle permet aussi de suivre notre action et son efficacité, et juger où nous en sommes par rapport aux efforts fournis.

Une fois une stratégie élaborée et écrite, elle est sujette à une réévaluation annuelle. Je suis en charge du suivi de cette stratégie, ayant été désignée référente en la matière - c’est d’ailleurs inscrit sur ma fiche de poste.

Sur quelle initiative avez-vous suivi cette formation ?

Certaines mesures nécessiteraient davantage de moyens.

Nous avons été une douzaine de structures du territoire à constituer la dernière promotion We Count, cette fois-ci spécifique au domaine culturel. L’Agence Auvergne-Rhône-Alpes Spectacle Vivant nous y a enjoint et en a elle-même fait partie. Quelques p’arts était le seul Cnarep, parmi une scène nationale, un centre chorégraphique, un orchestre et des salles de concerts, une biennale de danse, des lieux aux fonctionnements variés sur des territoires urbains ou ruraux. L’objectif est notamment de constituer un réseau pour échanger entre structures sur notre évolution à l’issue de cette promotion, cette mise en commun faisant l’objet d’un guide de réflexion qui synthétise toutes ces démarches. Nous sommes également en contact avec d’autres structures issues d’autres domaine que la culture, qui ont suivi les précédentes promotions.

Quelles sont par exemple les mesures prises par Quelques p’Arts dans le cadre de cette formation et quelles sont les spécificités énergétiques d’un lieu comme le vôtre ?

Les déplacements (du public et du personnel) étant la principale source de dépense énergétique d’une structure culturelle, le bilan carbone d’un lieu situé en ville, bien desservi par les transports, n’est pas le même que celui d’un Cnarep situé en zone rurale. Le public se déplace le plus souvent en voiture jusque chez nous et nous ne pouvons que leur suggérer des plateformes de covoiturage. Il en va de même pour les déplacements du personnel : se déplacer en bus jusque dans nos bureaux est trop contraignant en l'état. Nous chauffons nos bureaux au gaz et cela pèse également lourd. Il nous faudrait d’autres moyens pour mettre certaines mesures en pratique. Dans d’autres cas, nous pouvons facilement trouver des alternatives : au niveau alimentaire, nous privilégions des menus végétariens avec une « option viande ». 

Il est aussi à noter que le nombre de spectacles n’est pas forcément déterminant : les indicateurs montrent que si nous n’avons pas été économes et rigoureux, qu’importe le volume de spectacles, cela se verra sur le ratio. Enfin, certaines mesures sont plus symboliques que d’autres, mais toutes ont un rôle à jouer dans l’inflexion de la courbe énergétique pour respecter les objectifs fixés par les accords de Paris. 

Nous présentons le 15 juin 2022 un rapport d’une cinquantaine de pages résumant toutes les initiatives prises depuis que nous avons suivi cette formation.

Combien coûte la formation et comment l’avez-vous financée ?

Elle coûte 8 000 € par structure, et nous avons obtenu une subvention de l’Ademe de 5 000 € à ce titre. Ceci n’est pas forcément possible dans toutes les régions, les programmes de bilan énergétique n’étant pas financés de la même façon selon les territoires.

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