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Indépendance : le manifeste de 1 600 « indés de la culture »

Par Thomas Corlin | le | Organisations et réseaux professionnels

Réunis à l’appel de quelques structures lyonnaises au début de la crise, 1 600 acteurs indépendants de la culture livrent un manifeste pour réorienter les politiques culturelles. Au programme : économie, restructuration et impact social et écologique

Tiers lieux, producteurs, médias et prestataires font partie des auteurs du manifeste. - © D.R.
Tiers lieux, producteurs, médias et prestataires font partie des auteurs du manifeste. - © D.R.

Ils étaient d’abord une trentaine, à Lyon, à lancer un appel aux « indépendants » dès mars, au début de la crise. Puis, après 50 workshops, 2 journées d'états généraux (les 6 et 7 octobre à Lyon) et une plateforme numérique, les voilà 1 600 de toute la France (et d’ailleurs en Europe) à signer un manifeste à forte connotation politique, riche de propositions pour repenser les pratiques et le rôle de la culture telle qu’elle est pratiquée par ces acteurs moins privilégiés que les grosses institutions. 

Ce sont des festivals, des agences, des lieux, des collectifs, des prestataires, des producteurs ou des médias. Ils sont issus de la musique en majorité, mais aussi du spectacle vivant, des arts visuels, du livre, des jeux vidéos et de la bande dessinée. Sur 122 pages, l’ouvrage propose des projets concrets en suivant six chantiers thématiques, illustrés par des tribunes d’acteurs du secteur. 

La première partie porte sur les « responsabilités » d’ordre social et écologique, et propose des mesures pour inclure les publics, lutter contre les discriminations et organiser la transition écologique. Parmi celles-ci, on trouve l’inclusion de l'écoresponsabilité dans les fiches de poste du secteur, la généralisation du circuit court, ou encore la définition d’un label d’engagement sur l'égalité et la diversité, et d’une charte contre les violences sexistes.

Viennent ensuite les politiques d'action et de médiation culturelle, incluant également des programmes d'éducation aux médias, puis un volet « coopérations » venant renforcer les réseaux et solidarités déjà existants, à travers les tiers lieux mais aussi entre économies privées et publiques

Un chapitre est consacré à la formation et à la « régulation et définition d’un cadre conventionnel et légal du secteur culturel indépendant ». Un autre couvre les subventions et la rémunération du métier, et propose entre autres de rééquilibrer les budgets selon les territoires, de créer des fonds dédiés aux indépendants et d’octroyer une part de la taxe de séjour de l’hôtellerie bénéficiant de l’organisation d'événements culturels sur leur territoire. Enfin, un dernier axe porte sur le lobbying auprès des pouvoirs publics, la visibilité et la production de statistiques sur l’activité du secteur. 

Le texte s’adresse ouvertement aux pouvoirs publics, et s’inscrit dans les débats en cours autour du « new deal » tant annoncé pour relancer la culture après la crise de la Covid, et dans les débats autour du projet de loi de finances 2021.

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